La virgule

 


Elle sert à séparer des éléments de la phrase qui forment une unité. Cependant, son usage est moins strict que celui du point et varie d’un auteur à l’autre. Certains en abusent alors que d’autres l’ignorent complètement.


On l’emploie pour séparer des mots :


dans une énumération de mots ayant la même fonction : «Ecrire était donc pour lui une chose redoutable, pleine de tourments, de périls, de fatigues.» (Guy de Maupassant)
à la suite d’un complément circonstanciel placé en tête de phrase : «Avant tout, il faut savoir poser des problèmes» (Gaston Bachelard)
immédiatement avant ou après un complément circonstanciel si celui-ci se trouve en milieu de phrase : « Car, à quinze ans, Louis pouvait avoir la profondeur d’un homme de génie » (Honoré de Balzac)
si plusieurs compléments circonstanciels se suivent : « Ce jour même, avant midi, je me trouvais dans un autobus qui remontait la rue de Courcelles en direction de la place Champerret.» (Raymond Queneau)
lorsqu’un mot ou groupe de mots est apposé au nom qui le précède, pour isoler l’élément ayant une valeur explicative : «Le jardin, fermé de murs, touchait à un terrain assez vaste» (Georges Sand)
avant ou après un mot ou groupe de mots mis en apostrophe : «Poète, prends ton luth» (Alfred de Musset) ou avant : «Je viens pour être précepteur, Madame.» (Stendhal)
avant et après le ou les mots mis en apostrophe s’ils sont insérés au milieu de la proposition : «Descends, animal, que je te parle.» (Stendhal)
après un pronom tonique placé en début de phrase (moi, je travaille) ou après (je travaille, moi), ou encore avant et après s’il est inséré dans la phrase (si je pouvais, moi, je travaillerais
pour remplacer un verbe sous-entendu : partir serait impoli, rester, indécent.

 

On emploie aussi la virgule pour séparer des propositions :


des propositions ayant une même fonction : «Puis il se mettait à écrire, lentement, s'arrêtant sans cesse, recommençant, raturant, surchargeant, emplissant les marges, traçant des mots en travers, noircissant vingt pages pour en achever une
[…]» (Guy de Maupassant)
après une proposition circonstancielle placée en tête de phrase ou intercalée entre deux propositions : «Quand on cherche les conditions psychologiques des progrès de la science, on arrive bientôt à cette conviction que c'est en termes d'obstacles qu'il faut poser le problème de la connaissance scientifique.» (Gaston Bachelard)
une proposition relative ayant une valeur purement explicative : «Le papa Coupeau, qui était zingueur comme lui, s’était écrabouillé la tête sur le pavé de la rue Coquenard […] » (Emile Zola)
une proposition mise en apostrophe : « J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides» (Arthur Rimbaud)
avant une proposition introduite par les conjonctions mais, donc, or, car : « C’est une question de décence de ne pas dire le brachial antérieur, mais le muscle du bras ou encore le bras» (Henri de Montherlant).

On utilisera la virgule devant et, ou, ni, lorsque ces conjonctions, tout en unissant deux propositions, sont placées entre deux mots qui ne peuvent avoir la même fonction. Par exemple : il écrit son texte, et son père le corrige.
5.L'Etudiant, Paris, 2005.. , Paris, l'Etudiant, 20

Extrait de Lire et rédiger à la fac. Du chaos des idées au texte structuré, avec l'aimable autorisation de L'Etudiant.