Cinq astuces pour faire taire votre critique interne lorsque vous écrivez

Vous allez rédiger votre thèse. Tout est prêt. Et pourtant, vous n’arrivez pas à écrire. Une voix intérieure critique ce que vous faites, vous obligeant à réécrire les mêmes phrases sans avancer. Si vous êtes confronté à cette situation, cet article vous donne des pistes pour faire taire ce critique intérieur.

Gertrude a tout préparé. Ses fiches de lectures, ses notes, son plan de thèse. Elle connaît son sujet sur le bout des doigts. Mentalement, elle peut même voir cette thèse rédigée, imprimée. Elle entend même les félicitations du jury. En proie à une joyeuse excitation, elle commence à rédiger sa thèse.

Mais elle se bloque : à peine écrit-elle une phrase, elle entend une voix intérieure lui dire : Tu ne peux pas écrire ça, c’est ridicule – et elle efface sa phrase. Elle en écrit une autre, mais à nouveau la voix intérieure se manifeste. Et elle recommence. La voix intérieure se fait plus forte : Tu n’y arriveras jamais. C’est trop difficile pour toi. Tu es trop nulle.

Cette voix intérieure est appelée le critique interne (ou le censeur interne). C’est une instance qui tend à dénigrer ce qu’on fait. Elle résulte parfois de mauvaises expériences dans le parcours scolaire ou éducatif – prolongeant alors une remarque d’un enseignant ou d’un proche. Elle exprime souvent la peur du jugement de l’autre ou un manque de confiance en soi.

Tous les problèmes d’écriture sont d’origine psychologique. Les blocages résultent généralement de la peur d’être jugé. Si vous imaginez le monde en train de vous écouter, vous n’allez jamais écrire une ligne. C’est pourquoi  la solitude est si importante. Vous devriez écrire vos premiers jets comme s’ils ne devaient jamais être montrés à personne. Erica Jong

Je ne souhaite pas aller plus avant dans l’analyse psychologique de ce critique interne. En revanche, je voudrais vous donner quelques astuces pour le contrer. Testez-les afin de trouver celle qui vous convient le mieux.

♣ Ecrivez le plus vite possible : plus vous écrirez vite, moins votre critique interne pourra s’exprimer. Dites-vous que tant que votre idée n’est pas mise en relation avec d’autres, elle n’est ni bonne ni mauvaise. C’est le contexte qui vous permettra de juger de sa valeur. Une fois le premier jet sur le papier, vous pourrez toujours l’améliorer.

♣ Si vous écrivez avec l’ordinateur, écrivez avec des lettres blanches (si vous écrivez sur fond blanc) : ne voyant pas ce que vous écrivez, votre critique interne ne pourra pas vous juger et vous pourrez rédiger un premier jet en paix. Une fois le morceau de texte problématique terminé, alors changez la couleur des polices pour vous relire et améliorer le texte. Le plus difficile est de commencer, une fois que vous avez une base de texte, il est plus aisé de le travailler.

♣ Ecrivez ce que vous dit votre critique interne. Une fois que vous verrez ses propos noir sur blanc, vous constaterez combien ils sont absurdes; ils perdront, alors, de leur puissance.

♣ Divisez une page en deux colonnes. Faites une liste des critiques que vous adresse votre critique interne dans la colonne de gauche. Dans la colonne de droite, écrivez face à chaque critique son contraire. Votre critique interne vous dit Tu ne sais pas écrire ? Alors rappelez-lui ce que vous avez déjà écrit avec succès : J’ai déjà écrit deux bons articles publiés dans … Et puis affichez cette colonne face à votre bureau. En la regardant régulièrement, vous vous redonnerez du courage.

♣ Identifiez la personne qui se cache derrière ce critique interne. En reconnaissant son visage ou sa voix, vous localiserez l’origine de cette peur.

Attention : si ce phénomène prend trop d’importance au point de vous rendre malade ou dépressif, cherchez de l’aide auprès d’un professionnel.

Avez-vous d’autres astuces pour contrer votre critique intérieur? Postez-les dans les commentaires ci-dessous, afin d’aider d’autres doctorants!

 
 
 
 
 

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  • 14/01/2018

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