Ma thèse n’avance pas, je n’ai pas mérité de prendre de vacances …

Je rencontre beaucoup de doctorants qui ruinent leur santé et parfois leurs carrières pour un malentendu. Car certains croient qu’un bon travail est synonyme de surmenage. Résultat : ils sont épuisés mais s’acharnent à travailler. Cet article vous explique pourquoi un break représente un gain de temps.

Je ne mérite pas de partir en vacances…

Récemment, Gertrude, doctorante en 5ème année d’histoire – elle est en pleine rédaction – me disait : je n’ai pas atteint mes objectifs du mois, je n’ai pas mérité de faire un break.

Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle ne les avait pas atteints, elle répondit : Je suis épuisée. Je n’arrive pas à penser clairement. Je suis très lente. Je dors mal. Je n’arrive pas à me concentrer.

Gertrude est épuisée, mais elle refuse de se reposer, au prétexte que le repos n’est pas mérité. Elle se force à travailler, sans succès. Résultat : elle est insatisfaie, culpabilise, et se punit en se refusant le repos.

Ce faisant, elle met en place un mécanisme qui l’empêchera d’atteindre ses prochains objectifs. Et qui est dangereux. D’abord, elle travaillera bien en-dessous de ses capacités; en outre, son épuisement affaiblira peu à peu son organisme.

Dans le meilleur des cas, elle attrapera un rhume qui la clouera au lit et l’obligera à se reposer. Mais les effets de ce type de situation peuvent aussi être une dépression ou un burn-out. La guérison dure parfois plusieurs mois.

L’épuisement n’a jamais été une condition pour un travail de qualité. Une thèse requiert un corps et un esprit en forme. Il faut se reposer, recharger ses batteries, et ce régulièrement.

La fatigue déforme les perceptions

La fatigue a déforme les perceptions des tâches à accomplir

Vous avez peu de forces ; par conséquent, une tâche donnée vous prend plus de temps que nécessaire. Par ricochet, une tâche similaire sur votre to-do-list  vous semble également devoir prendre beaucoup de temps. Partant, la seule pensée de ce que vous avez encore à faire vous épuise encore plus.

Vous êtes plus lent qu’en temps normal, et le temps qui passe vous met sous une pression de moins en moins supportable.

La fatigue déforme votre peception de vous-même

La fatigue déforme la manière dont vous vous percevez : vous vous sentez faible, et vous vous affaiblissez à force de reproches, d’auto-flagellation, de culpabilisation.

Vos échecs répétés vous font croire que vous êtes incapable, alors que vous êtes simplement fatigué.

Résultat : vous commencez à douter de votre capacité à rédiger votre thèse.

La fatigue déforme votre perception de l’environnement

Vous êtes plus sensible, plus vulnérable ;  une remarque de votre entourage, par exemple, prend des proportions démesurées qui ne font qu’accentuer votre malaise.

La réaction est souvent, alors, exagéré, sans commune mesure avec ce qui l’a provoquée. Et cette réaction vous met encore plus mal à l’aise, vous affaiblit davantage – bref, vous entrez dans un cercle vicieux.

En bref : une grande fatigue rend vulnérable au stress et aux agressions.

Faire un break n’est pas une perte de temps

Beaucoup de doctorants refusent de se reposer, de prendre un week-end de repos, de partir en vacances : selon certains, c’est une perte de temps – selon d’autres, il n’ont tout simplement pas le temps.

Celui qui ne prend pas de temps pour sa santé devra en prendre pour sa maladie.

Proverbe anglais

Prendre des vacances vous permet de prendre du recul

Dans l’action, vous vous sentez parfois submergé parce que vous avancez avec, comme on dit, le nez dans le guidon. Vous ne voyez que ce qui vous reste à faire.

En vous interrompant pendant un moment,  vous voyez les choses différemment : certaines qui vous paraissaient prioritaires s’avèrent secondaires, voire superflues.

Telle autre tâche qui vous semblait insurmontable s’avère aisée à réaliser: la distance vous aura montré un autre angle sous lequel l’aborder.

Pause en thèse
Faire des pauses est vital pour réussir sa thèse

Les break vous ramènent à l’essentiel

Lorsque vous revenez d’une semaine de vacances, vous constatez que des tâches qui semblaient devoir vous prendre des jours de travail se dévoilent rapides à achever.

Avec le recul, les choses reviennent à leurs proportions réelles.Par conséquent, les choses retrouvent leur importance réelle. Reposé, on a pus d’aisance à distinguer l’essentiel du superflu et donc à hiérarchiser les tâches.

Plus : avec du recul, on revient à l’essentiel.

Même si vous ne travaillez pas, votre cerveau est actif

Pendant que vous vous détendez, votre cerveau ne reste pas inactif. Il continue à travailler : il brasse les informations, traite les données – et trouve parfois même des solutions à des problèmes. Peut-être l’avez-vous déjà constaté au réveil – vous ouvrez les yeux avec le sentiment d’avoir résolu un problème ou trouvé une réponse à une question.

Ou bien lorsque, après vous être acharné pendant des heures sur une question, vous décidez d’aller faire un tour; lorsque vous revenez à votre bureau quelques heures plus tard, le problème s’est résolu. C’est ce qu’on appelle l’effet Zeigernik.

En rentrant de vacances, il arrive souvent que ce qui semblait ardu se soit simplifié voire résolu : votre cerveau a travaillé pour vous pendant que vous vous reposiez.

Reposé, vous retrouvez votre courage

Enfin, après un break, vous êtes reposé. Vous avez donc plus d’énergie, vous êtes plus concentré et  et progressez plus vite que si vous êtes fatigué.

Le travail que vous fournissez est à la hauteur de vos capacités.

Vous avancez rapidement, ce qui vous stimule et renforce votre confiance en vous-même.

Pour conclure : rédiger une thèse exige que vous soyez en forme. Reposez-vous, prenez quelques jours de vacances, faites des activités qui vous aident à recharger vos batteries.

N’attendez pas d’être à bout pour penser à vous reposer.

Souvenez-vous : en prenant quelques jours de vacances, ce n’est pas du temps que vous perdez, c’est du temps que vous gagnez!

  • 18/10/2019

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