N’essayez pas. Faites!

Je vais essayer

Les mots qu’on emploie disent parfois plus que ce qu’on voudrait. Essayer est l’un d’eux. Cet article vous montre le danger qu’il y a à dire « je vais essayer ».

Je vais essayer de rembourser mon crédit

Gertrude a du mal à finir sa thèse. Quand on lui donne un conseil, elle répond : je vais essayer. Quand on lui propose de rejoindre un groupe de travail, elle répond: je vais essayer de venir.

Gertrude est toujours en train d’essayer.

Bizarrement, sa thèse n’avance pas. Avant-hier, ses économies se réduisant à la vitesse V, elle est allée voir son banquier. Elle voulait demander un crédit, afin de financer sa rédaction. Gertrude est sous pression, elle n’a pas le temps de travailler à côté de la rédaction.

Elle a donc demandé un crédit à son banquier.

Le banquier a examiné le dossier.

Il l’a regardée droit dans les yeux et lui a demandé : ce crédit, vous allez pouvoir le rembourser ?

Gertrude a répondu : je vais essayer.

Faut-il le dire?

Gertrude n’a pas eu son crédit.

Une expression lourde de sous-entendus

Je vais juste tremper l’orteil pour voir
  • Je vais essayer laisse entendre que la personne n’est pas sûre de réussir.
  • Je vais essayer dit qu’elle est sûre de ne pas vouloir mettre tous les moyens en jeu pour faire ce qu’elle aimerait bien faire mais pas vraiment.
  • Je vais essayer dit je me laisse une porte de sortie si je ne réussis pas.
  • Je vais essayer dit : je ne vais pas réussir, alors autant ne pas trop promettre.
  • Je vais essayer dit : je ne vais pas le faire.
  • Je vais essayer dit : je vais juste tremper l’orteil pour voir, histoire de ne pas m’engager.

En disant je vais essayer, vous envoyez à votre cerveau un message clair : inutile de s’y mettre, je ne vais pas le faire.

Alors que si vous vous engagez à faire qqchose, même si vous n’êtes pas sûr à 100%, car on n’est jamais sûr à 100%, vous êtes tenu par votre engagement. Vous mettez tout ce que vous pouvez en branle pour tenir votre engagement.

Faites attention aux mots que vous dites. Un mot n’est pas anodin. Un mot véhicule – parfois à votre insu – votre comportement intime. Et a, par conséquent, un impact sur votre interlocuteur.

Le pilote, c’est vous

En ce qui concerne votre thèse, ne présentez jamais – ce que font certains – votre objectif de thèse avec un mot tel que essayer, tenter par exemple : ce travail essaie d’expliquer…, cette thèse est une tentative d’analyse… qu’on trouve parfois, et qui est dans le meilleur des cas une expression de (fausse) modestie. Et dans le pire des cas, l’expression d’un manque de confiance en soi.

Le lecteur le sent tout de suite. Car en présentant votre objectif par un ce travail essaie de, vous lui dites : je ne suis pas sûr de réussir, alors je préfère vous prévenir. Ce n’est pas acceptable. Votre lecteur n’a pas envie de lire vos atermoiements. Il attend un auteur qui sait où il le mène – c’est-à-dire : qui sait où il va.

Imaginez que vous soyez dans un avion, pris dans un orage, et dans des turbulences. Le pilote dit dans le microphone : nous allons essayer d’atterrir. Comment vous sentez-vous ?

Ses problèmes ne vous intéressent pas. La manière dont il va s’y prendre non plus. Tout ce que vous voulez, c’est qu’il vous sorte de cet orage sain et sauf. Vous attendez de votre pilote qu’il vous dise : nous allons atterrir (même s’il n’est pas sûr de réussir).

Lorsque vous rédigez votre thèse, le pilote, c’est vous. Votre lecteur vous fait confiance en vous accordant son temps, précieux. Il attend que vous le meniez à bon port.

Alors, réservez les essayer lorsque vous parlez par exemples de méthodes que vous avez essayé pour faire quelque chose. Mais jamais pour parler de votre travail.

En d’autres termes : n’essayez pas. Faites !

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  • 15/11/2019

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