Non c’est non!

Si vous avez du mal à dire ‘non’, cet article vous concerne. Je vois trop de doctorants – des doctorantes, surtout – toujours disponibles changer brusquement d’attitude parce que soudain les échéances approchent très vite. Résultat? Incompréhension de l’entourage, conflits, isolement. Agissez dès maintenant.

Trop gentille?

Gertrude est une gentille doctorante qui ne dit jamais non. Une collègue a besoin de ses corrections ? Elle corrige. Sa directrice a besoin de son aide pour organiser le colloque ? Elle organise. Sa colocataire a perdu son emploi ? Elle l’écoute et la console. Son fiancé veut qu’elle asiset à son match de rugby à 400km de son domicile ? Elle y va.

Gertrude dit oui à tout. Plus parce qu’elle ne sait pas dire non que par gentillesse. Mais aussi, chose difficile à s’avouer, parce qu’elle est bien contente d’avoir toujours une bonne raison pour échapper à sa rédaction.

Elle voit bien que le temps passe, mais les mille et un services rendus lui donnent, malgré tout, bonne conscience. Si elle n’arrive pas à rédiger, ce n’est pas de sa faute.

C’est à cause des autres.

Mais un jour il lui faut se rendre à l’évidence : la date butoir approche à vitesse V. Elle n’a plus que trois mois pour rédiger sa thèse.

Trop égoïste?

Alors elle passe d’un extrême à l’autre. Elle qui disait oui à tout se met à dire non à tout le monde, à tout ce qu’on lui demande. Mais comme elle n’a pas l’habitude de dire non, et qu’en plus elle est très nerveuse en raison de ses échéances, elle dit non brutalement.

Son entourage, qui avait l’habitude de toujours entendre un oui, ne comprend pas. On insiste. On se fâche. On la traite d’égoïste. De ne penser qu’à elle.

Le vide se crée autour de Gertrude. Au moment où elle aurait besoin de soutien, elle voit les gens lui tourner le dos – même son fiancé.

Elle est dégoûtée par l’égoïsme des autres, leur ingratitude, leur mémoire si courte.

La pauvre Gertrude ne voit pas que c’est elle qui a accoutumé son entourage à recevoir ce qu’il demandait. Que son changement radical autant qu’imprévisible surprend, choque et prend les gens de court.

N’attendez pas d’être le dos au mur

Si vous avez des difficultés à dire non, apprenez à le faire, entraînez-vous.

N’attendez pas le moment où vous serez acculé et donc obligé de dire non avec une brutalité pour agir.

Les gens autour de vous se comportent conformément au message que vous leur envoyez. Donc si vous sentez que votre temps commence à se réduire, commencez à les habituer à ne pas compter sur vous. Eduquez-les. Personne n’est irremplaçable. S’ils se sont habitués à vous avoir à leur disposition constamment, ils ne vont pas comprendre, et le motif de la thèse ne les convaincra pas – ça fait si longtemps que vous êtes en thèse, vous avez toujours été disponible, alors pourquoi plus maintenant?

Habituez-les petit à petit, afin de garder votre cercle de relations, même si vous êtes en pleine rédaction.

Vous en avez déjà fait l’expérience : quand vous n’avez plus de temps à perdre, alors vous trouvez les ressources nécessaires pour travailler de manière concentrée.

Avec le courage de dire non, c’est la même chose : quand vous n’avez plus de temps à perdre, alors vous savez dire non.

Ce qui est dommage, c’est que les autres, non préparés, ne comprennent pas. Alors, plutôt que de risquer de se les mettre à dos, il vaut mieux les habituer petit à petit.

Exercez-vous. Commencez par les petites choses. Celles où l’enjeu est minime. Juste pour vous exercer.

A vous de jouer!

  • 16/11/2019

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