Préparez bien le trimestre pour votre thèse

La rentrée approche. Pour beaucoup de doctorants, la liste de tâches à réaliser pour la thèse est déjà trop longue. Pourquoi ne pas profiter des derniers jours de l’été pour faire un état des lieux concernant votre recherche? Vous pourrez alors vous donner des objectifs précis pour le trimestre à venir – et l’aborder sur de bonnes bases.

Six bonnes raisons pour faire un état des lieux à la rentrée quand on prépare une thèse

Faire un état des lieux, au moins une fois par an, est primordial quand vous préparez une thèse : tout au long de votre travail de recherche, vous apprenez beaucoup de choses, vous discutez, vous lisez une multitude de textes. Vous considérez surtout ce qui vous reste à faire, mais rarement ce que vous avez déjà fait.

Or il est important de faire une pause pour prendre du recul et analyser ce que vous avez appris et réaliser. Vous pourrez alors déterminer ce qui vous reste à chercher.

Je me souviens de Gertrude, doctorante venue à ma formation Rédiger sa thèse. Pendant quatre ans, elle avait accumulé des expériences et des informations sans jamais prendre le temps de se poser pour faire un bilan. Avec les conséquences suivantes :

  •  elle lisait des quantités de textes dont elle n’avait pas besoin, ce qui lui faisait perdre du temps et rognait sa motivation.
  • Elle lisait des quantités d’informations qu’elle connaissait déjà, ce qui rendait ses lectures ennuyeuses et stériles.
  • Elle ne savait pas trop ce qu’elle cherchait et lisait un peu tout ce qui lui tombait sous la main – et se sentait vite submergée.
  • Sans objectif clair, elle avait une stratégie de travail inefficace.
  • Son bureau se noyait sous les piles d’articles et autres documents
  • Elle perdait des heures à trouver ce qu’elle cherchait.
  • Elle perdait des heures à décider ce qu’elle voulait faire.
  • Elle rentrait souvent le soir chez elle exténuée malgré le sentiment de n’avoir rien fait.

Au moment de rédiger sa thèse, Gertrude avait le sentiment de n’avoir pas fait ses recherches correctement, elle était épuisée et paniquait à l’idée de devoir mettre de l’ordre dans le chaos accumulé.

N’imitez pas Gertrude!

C’est une situation que vous pouvez vous épargner en prenant le temps de faire des bilans : faire une pause pour réfléchir, pour prendre du recul, pour réfléchir par écrit sur ce que vous avez fait et ce qui reste à faire.

Les lectures, les discussions, les expériences  qui remplissent votre année ont une incidence sur votre sujet : peut-être s’est-il modifié, élargi ou au contraire resserré autour d’une question plus pointue qu’au début; peut-être que la formulation de la problématique a changé; peut-être que l’objectif du travail s’est modifié. Autant de points qu’il convient de reformuler soigneusement.

Car c’est en le reformulant que vous corrigerez, si besoin est, le cap à tenir pour vos recherches : si l’objectif de votre thèse s’est modifié, il faut que vous en soyez conscient(e) pour mener à bien les recherches qui y mènent. De même, si votre problématique a changé, autant la noter explicitement, de manière à vous éviter des recherches sur des questions qui ne la concernent pas.

En bref : faire un état des lieux vous permet de :

  • définir des objectifs clairs pour vos recherches;
  •  laisser de côté ce qui ne sert pas vos objectifs;
  •  vous concentrer sur ce qui vous permet d’atteindre vos objectifs;
  • éviter l’éparpillement;
  •  travailler de manière organisée;
  •  savoir où vous allez.

Douze questions à méditer pour votre état des lieux

Répondez aux questions ci-dessous sans utiliser de documents : votre cerveau a stocké beaucoup d’informations, commencez par les activer ! Si, à la fin de votre bilan, vous pensez avoir besoin de relire vos notes ou autre, faites-le – mais une fois que vous aurez terminé votre bilan.

N’hésitez pas à répondre à ces questions en utilisant la technique de l’écriture rapide si elle vous convient (si vous ne la connaissez pas encore, vous pouvez télécharger le guide pratique – en haut à droite – pour la tester).

Rappelez-vous qu’il ne s’agit pas d’un examen, mais d’un bilan personnel, que personne ne lira. Vos réponses ne doivent pas être parfaites. Elles vous renseigneront simplement sur l’état de votre recherche à un instant T.

Cet état des lieux vous aidera à définir vos objectifs pour le trimestre prochain.

Si vous avez un journal de bord, je vous invite à y noter vos réponses – et si vous n’en avez pas encore, eh bien, pourquoi ne pas saisir cette occasion pour en commencer un ce trimestre?

Voici douze questions pour dresser votre bilan.

  1. Qu’avez-vous trouvé jusqu’ici ? Faites une liste rapide, sans faire de recherche, sans entrer dans les détails.
  2. Quelles conclusions tirez-vous de ce que vous avez trouvé?
  3. Que vous reste-t-il à chercher?
  4. Quel est l’intitulé de votre sujet aujourd’hui?
  5. Qu’est-ce qui a  évolué dans votre sujet de recherche depuis que vous avez commencé votre thèse?
  6. Quelle est la question de recherche (dans certaines disciplines on l’appelle la problématique) de votre thèse aujourd’hui? Certes votre thèse explorera plusieurs questions. Mais elle répondra à une question principale :  votre question de recherche. Celle-ci en constitue le fil directeur.
    • Evitez le populaire dans quelle mesure… pour commencer votre question : si c’est populaire, c’est parce que c’est commode. Mais cette commodité est un piège : cette question est tellement vague, que vous risquez de faire du hors-sujet, de vous perdre et de ne pas répondre à la question – ou, si vous y répondez, de ne pas vous en apercevoir.
    • Evitez les questions fermées – celles qui commencent par Est-ce que….. La réponse à ce type de question est oui ou non. Or votre travail est beaucoup trop complexe pour que vous n’y répondiez que par oui ou non.
    • Aidez-vous d’un des mots-question ci-dessous pour formuler une question de recherche ouverte, précise et intéressante : 
    • Formulez donc une question, avec un point d’interrogation à la fin – si ce détail vous fait sourire, tant mieux. J’insiste dessus, car je vois trop de doctorants oublier systématiquement de mettre un point d’interrogation lorsqu’ils écrivent une question.
    • Or, une question stimule l’esprit : elle motive à trouver des réponses. En outre, formuler une question réduit le risque de faire du hors sujet : ce qui ne contribue pas à y répondre est exclu d’emblée. Donc, s’il vous plaît, formulez votre problématique sous forme de question 🙂 ).
  7. Quelles sont les questions secondaires que vous comptez explorer? Pour ces questions aussi, aidez-vous des mots-question ci-dessus pour les formuler.
  8. Quel est l’objectif de votre recherche aujourd’hui?
    • Votre thèse a un objectif final. . Si vous écrivez quelque chose comme mon objectif c’est de faire … pour …. afin de .…, il y a plusieurs objectifs. Distinguez l’objectif final des objectifs intermédiaires.
    • Si vous écrivez : mon objectif est de répondre à ma question de recherche, demandez-vous pourquoi vous voulez répondre à votre question de recherche. Simplifiez-vous la tâche et écrivez : je veux répondre à la question  …..? afin de.…… (afin de dit votre objectif).
    • Votre objectif n’est pas une question et ne contient donc pas de mot-question. Par exemple, si votre objectif dit : je veux trouver comment X fonctionne, préférez dire : je veux trouver les facteurs qui provoquent A dans X, par exemple.
    • Un objectif est une phrase simple et claire. Elle compte 25 mots maximum.
    • La phrase exprimant l’objectif ne présente que l’objectif –  pas le contexte ni les obstacles rencontrés.
    • Plus les termes seront concrets et précis, plus l’objectif sera clair – et plus facilement vous trouvez le moyen de l’atteindre. Le contraire est vrai aussi : plus l’objectif sera vague, plus sa formulation sera compliquée, plus il sera difficile à atteindre.Mots à éviter dans la formulation de votre objectif : comprendre, savoir (quand saurez-vous que vous avez atteint votre objectif, c’est-à-dire que vous avez compris? Que vous aurez appris?), ou améliorer (quand saurez-vous que vous avez amélioré).
    • Pour vous aider à formuler un objectif que vous pourrez atteindre, veillez bien à ce que votre objectif soit un objectif SMART – lisez ici l’article à ce propos.
  9. Quand voulez-vous avoir atteint votre objectif? (En vous donnant une date butoir, vous pouvez apprécier la réalisabilité de votre objectif : je ne me donne pas le même objectif si j’ai deux mois à disposition, ou deux ans).
  10. Voici un schéma de ce que sera votre thèse :

Aidez-vous-en pour construire votre plan de travail. Quelles sont les étapes de travail – chacune constituant un objectif intermédiaire – à mettre en place pour atteindre votre objectif final? Commencez par les noter en vrac. Vous pourrez ensuite les ordonner dans le schéma ci-dessus.

11. Considérez vos objectifs intermédiaires et fixez une date butoir pour les trois premiers – soyez réaliste : quand voulez-vous avoir atteint chacun d’eux?

12. Et parmi ces objectifs, quel est celui que vous voulez absolument avoir atteint le 31 décembre au plus tard?

Pour finir, trois conseils…

  1. Si vous faites partie des gens qui ont besoin de se relire et de corriger leur phrase dix fois avant d’écrire la suivante, écrivez blanc sur blanc. Ne voyant pas ce que vous écrivez, vous vous sentirez plus libre.
  2. Eloignez toute source de distraction, mettez de côté tous vos documents, donnez-vous trente minutes  et pendant ce laps de temps, ne faites rien d’autre que répondre aux questions ci-dessus.
  3. Une fois par mois, considérez vos objectifs : sont-ils toujours d’actualité?

Vous doutez du caractère SMART de votre objectif du 31 décembre?

Postez-le ci-dessous afin d’avoir un retour! Souvenez-vous : juste une phrase, 25 mots maximum!

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  • 18/09/2019

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