Travail, famille, thèse : comment garder le cap?

Mener à bien une thèse requiert de l’organisation – a fortiori quand on a une famille et/ou un travail à côté. Le risque d’épuisement est grand. Cet article vous propose une méthode de gestion du temps qui a fait ses preuves.

Travail, famille, thèse : comment garder le cap?

Stop & Go

 
Quand on prépare une thèse on n’a souvent, en raison de contraintes familiales et/ou professionnelles, que le week-end pour travailler sur son projet. Alors, les week-ends ressemblent à ceci:

Les premières heures du samedi matin se passent à retrouver le fil de leur travail interrompu le week-end dernier : où je m’étais-je arrêté? Que voulais-je faire ensuite? Qu’est-ce que je voulais dire avec ça?

Une fois retrouvé le fil, on travaille presque sans arrêt, voulant profiter de chaque minute à disposition.

Ensuite, la semaine de travail recommence et la thèse et laissée en suspens.

Le samedi suivant, il faut à nouveau beaucoup de temps pour retrouver le fil. Et ainsi de suite.

Ce rythme – que j’appelle le stop-and-go – est épuisant: se remettre dans le bain coûte du temps et a un effet décourageant sur le long terme.

La certitude de devoir perdre des heures pour retrouver le fil avec sa thèse finit par gâcher l’envie de s’y remettre.

Et puis, travailler sans pause n’est pas particulièrement motivant non plus, d’autant qu’il faut de l’énergie pour les autres domaines de la vie.

Si vous êtes dans cette situation, donnez la priorité à la régularité plutôt qu’à la quantité : gardez le contact avec votre thèse, même de façon minimale.

25 minutes minimum par jour, 3h en bloc maximum

Cette technique de gestion du temps vous aidera à cultiver la régularité tout en vous ménageant.

En effet ,il est important que vous restiez en contact avec votre travail, afin que, quand vous avez plus de temps à li consacrer, vous puissiez continuer au lieu de repartir de (presque) zéro.

Travaillez au moins 25 minutes chaque jour sur votre projet de thèse

Si 25 minutes d’affilée ne sont pas possibles à trouver, divisez-les en deux ou trois blocs de 5-10 minutes. Que faire pendant de si brefs laps de temps?

  • Vous pouvez écrire rapidement vos associations sur une idée.
  • Vous pouvez faire une liste de questions – même si vous n’y réfléchissez pas, vous alimentez votre cerveau qui se chargera de les traiter. C’est l’effet Zeigernik.
  • Vous pouvez noter des idées de réponse à une question donnée.
  • Vous pouvez lire un passage de texte, puis le résumer dans vos propres mots.
  • Vous pouvez noter ce que ce texte vous inspire.

Travaillez au maximum 3 heures d’affilée

N’attendez pas d’être épuisé pour faire une pause. Sinon, vous aurez besoin de plus de temps pour recharger vos batteries. Cependant, après 3 heures, vous êtes généralement toujours en forme. Prenez une heure de pause (restaurez-vous, reposez-vous.

Après la pause, vous aurez encore assez d’énergie pour continuer.

Séparez travail et loisirs

Si vous ne définissez pas vos heures de travail de manière appropriée, la frontière entre temps de travail et loisirs peut devenir floue.

À long terme, ce manque de clarté conduit à des frustrations : ce peut être par exemple un sentiment de culpabilité pendant les loisirs (je devrais être au bureau en train de rédiger ma thèse) – rendant difficile la détente. Ou bien la visite inopinée d’un ami pendant qu’on travaille se transforme en distraction bienvenue – pour devenir rapidement source de mauvaise conscience.

En bref : votre temps de travail pour votre thèse doit avoir un cadre. Fixez vos horaires de travail, et prévoyez des moments pour les loisirs, la détente et vos besoins personnels : vous devez recharger vos batteries tous les jours.

Et, dans la mesure du possible octroyez-vous un jour off par semaine, ou un week-end off par mois. N’attendez pas d’être épuisé pour vous reposer!

Pour conclure

 Préparer une thèse lorsque vous avez un emploi ou une famille (ou les deux) à côté constitue certes un défi, mais ce n’est pas impossible. Ce qui importe, c’est d’avoir une bonne gestion du temps.

Souvent, les mères ou les pères de jeunes enfants qui ont un travail à côté sont ceux qui terminent leurs thèses le plus vite, comparés à ceux qui n’ont « que » leur thèse à mener à bien. Ils ont peu de temps disponible pour leur thèse, mais ce temps, ils l’utilisent à 100%.

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  1. Bonjour Martha,

    Je tenais à vous remercier pour vos articles. Ils sont d’une grande qualité et particulièrement salutaires pour l’exercice aussi difficile que représente la thèse.
    J’essaie de suivre vos conseils mais j’ai toujours l’impression de ne pas travailler assez. Je n’ai pas d’enfants ni de travail à côté mais j’ai décidé de me lancer dans la préparation d’un concours à côté de la thèse. Je me suis dit que cela pourrait me motiver à finir et aussi parce que l’après-thèse m’angoisse beaucoup.
    Finalement, j’ai l’impression de n’être à fond ni dans l’un ni dans l’autre ! C’est assez frustrant.

    Bon courage à tous les doctorants et encore merci à vous!

    Anaïs

    1. Bonjour Anaïs,

      Merci pour votre message.
      Préparer un concours en même temps qu’en thèse est une gageure, en effet.
      Quant à l’angoisse de l’après-thèse, elle est légitime et compréhensible : pour ma part, c’est quand j’ai commencé à entrevoir ce qui se passerait après ma thèse que j’ai trouvé les ressources pour la finir. C’est terrible à dire, mais une thèse, malgré tout l’inconfort qu’elle représente, finit par devenir un cocon dont on a peur de sortir, en tous cas si ce qui ‘il y a dehors est un point d’interrogation. Et plus ça dure, plus il est dur d’en sortir.

      Vous dites avoir l’impression de ne pas travailler assez. C’est un sentiment plutôt répandu quand on prépare une thèse.
      Même quand on y passe 14h par jour. Ce qui, à mon avis, est absurde, car il est impossible de fournir un travail concentré pendant 14h, et surtout pas pendant plusieurs jours.

      Pour certains, ce sentiment de ne pas en faire assez, auquel se mêle, selon le cas, frustration, culpabilité, auto-flagellation, conduit à travailler trop – et parfois au burnout.
      Ce n’est pas la quantité qui importe, mais la qualité du travail accompli.

      Comment quantifiez-vous l' »assez »? Quels critères vous permettraient-ils de dire que c’est « assez » ou pas?

      Qu’est-ce qui pourrait transformer ce travail en plaisir?

      Bon courage à vous aussi – et faites attention à vous!
      Martha

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