
Combien de doctorants qui ruinent leur santé et parfois leurs carrières pour un malentendu? Car nombreux sont ceux qui croient qu’un bon travail est synonyme de surmenage. Résultat : ils s’acharnent à travailler bien qu’épuisés.. Cet article vous présente des solutions pour pallier l’épuisement du doctorant.
Récemment, Gertrude, doctorante en 5ème année d’histoire – elle est en pleine rédaction – me disait : je n’ai pas atteint mes objectifs de l’année, je n’ai pas mérité de faire un break pendant les fêtes.
Lorsque je lui ai demandépourquoi elle ne les avait pas atteints, elle répondit : Je suisépuisée. Je n’arrive pas à penser clairement. Je suis très lente. Je dors mal. Jen’arrive pas à me concentrer.
Gertrude est épuisée, mais elle refuse de se reposer, au prétexte que le repos n’est pas mérité. Elle se force à travailler, sans succès. Résultat : elle est insatisfaite, culpabilise, et se punit en se refusant le repos.
Celui qui ne prend pas de temps pour sa santé devra en prendre pour sa maladie.
Proverbe anglais
Ce faisant, elle met en place un mécanisme qui l’empêchera d’atteindre ses prochains objectifs. Et qui est dangereux. D’abord, elle travaillera bien en-dessous de ses capacités; en outre, son épuisement affaiblira peu à peu son organisme.
Dans le meilleur des cas, elle attrapera un rhume qui la clouera au lit et l’obligera à se reposer.
Mais cet état de fatigue peut aussi conduire à l’accident. Ou encore à la dépression.
Bref, à un état qui demande plusieurs mois pour qu’on puisse à nouveau être d’attaque.
L’épuisement n’a jamais été une condition pour un travail de qualité. Une thèse requiert un corps et un esprit en forme. Il faut se reposer, recharger ses batteries, et ce régulièrement.
Et, quand bien même certains sembleraient l’oublier : même un doctorant est un être humain, qui a besoin de se reposer!
Vous connaissez peut-être cette situation : vous lisez un passage, mais votre esprit est ailleurs. Vous le relisez encore et encore, sans comprendre, sans retenir. Mais vous ne voulez pas vous reposer tant que vous n’aurez pas compris votre texte. Résultat ? Vous vous acharnez, vous vous épuisez… mais votre lecture n’avance pas.
A quoi bon vous acharner? Si vous ne parvenez pas à vous concentrer, si votre cerveau a besoin de repos, rien n’y fera. Préparer une thèse exige un cerveau en forme.
Vous avez peu de forces ; par conséquent, une tâche donnée vous prend plus de temps que nécessaire. Par ricochet, une tâche similaire sur votre to-do-list vous semble également devoir prendre beaucoup de temps.
Partant, la seule pensée de ce que vous avez encore à faire vous épuise encore plus.
Vous êtes plus lent qu’en temps normal, et le temps qui passe vous met sous une pression de moins en moins supportable.
Bref, vous avez l’impression d’être face à une montagne insurmontable.
La fatigue déforme la manière dont vous vous percevez : vous vous sentez faible, et vous vous affaiblissez à force de reproches, d’auto-flagellation, de culpabilisation.
Vos échecs répétés vous font croire que vous êtes incapable, alors que vous êtes simplement fatigué.
Résultat : vous commencez à douter de votre capacité à mener à bien votre thèse.
Vous êtes plus sensible, plus vulnérable ; une remarque de votre entourage, par exemple, prend des proportions démesurées qui ne font qu’accentuer votre malaise.
La réaction est souvent, alors, exagérée, sans commune mesure avec ce qui l’a provoquée. Et cette réaction vous met encore plus mal à l’aise, vous affaiblit davantage – bref, vous entrez dans un cercle vicieux.
En bref : une grande fatigue rend vulnérable au stress et aux agressions.
Beaucoup de doctorants refusent de se reposer, de prendre un week-end de repos, de partir en vacances : selon certains, c’est une perte de temps – selon d’autres, il n’en ont tout simplement pas le temps.
Quand vous préparez une thèse, faire une pause n’est pas une perte de temps : au contraire, ça peut vous en faire gagner. Mieux : la qualité de votre travail peut même s’améliorer.
Prendre des vacances vous permet de prendre du recul
Dans l’action, vous vous sentez parfois submergé parce que vous avancez avec, comme on dit, le nez dans le guidon. Vous ne voyez que ce qui vous reste à faire.
En vous interrompant pendant un moment, vous voyez les choses différemment : certaines qui vous paraissaient prioritaires s’avèrent secondaires, voire superflues.
Telle autre tâche qui vous semblait insurmontable s’avère aisée à réaliser: la distance vous aura montré un autre angle sous lequel l’aborder.
En prenant du recul, vous remettez les différentes tâches dans leur contexte: vous constatez aussi tout le travail que vous avez abattu.
Le repos vous ramène à l’essentiel
Avez-vous déjà constaté que, souvent, lorsque vous revenez d’une semaine de vacances, des tâches qui semblaient devoir vous prendre des jours de travail sont finies rapidement?
Avec le recul, beaucoup de choses reprennent leurs proportions réelles – et, par conséquent, et trouvent leur importance réelle.
Avec un esprit reposé, vous avez plus d’aisance à distinguer l’essentiel du superflu, et donc à hiérarchiser les tâches.
Plus : avec du recul, vous revenez à l’essentiel.
Même quand vous vous reposez, votre cerveau est actif – 3 exemples
Pendant que vous vous détendez, votre cerveau ne reste pas inactif. Il continue à travailler : il brasse les informations, traite les données – et trouve parfois même des solutions à des problèmes. Vous en doutez? Souvenez-vous de vos expériences. Je suis sûre que vous avez déjà vécu une de ces situations :- vous passez la journée à chercher une solution, en vain. Vous finissez par aller vous coucher. Et le lendemain au réveil, la solution est là, limpide : c’est bien la preuve que votre cerveau a travaillé pour vous pendant que vous dormiez!- Ou bien lorsque, après vous être acharné pendant des heures sur une question, vous décidez d’aller faire un tour pour vous vider la tête; lorsque vous revenez à votre bureau quelques heures plus tard, le problème s’est résolu. C’est ce qu’on appelle l’effet Zeigarnik. Encore une preuve que votre cerveau continuer d’être au travail pendant que vous vous reposez!- Ou encore, vous rentrez de vacances; ce qui semblait ardu vous apparaît simplifié, voire résolu : votre cerveau a travaillé pour vous pendant que vous vous reposiez.
Le repos redonne du courage
Enfin, après une pause, vous êtes reposé. Vous avez donc plus d’énergie, vous êtes plus concentré et et progressez plus vite que si vous êtes fatigué.
Le travail que vous fournissez est à la hauteur de vos capacités.
Vous avancez rapidement, ce qui vous stimule et renforce votre confiance en vous-même.Vous vous retrouvez de la motivation et du courage.
Rédiger une thèse exige que vous soyez en forme. Reposez-vous, prenez quelques jours de vacances, faites des activités qui vous aident à recharger vos batteries. N’attendez pas d’être à bout pour penser à vous reposer.
Souvenez-vous : en prenant quelques jours pour vous reposer, ce n’est pas du temps que vous perdez, c’est du temps que vous gagnez!

Martha Boeglin
Docteure en philosophie, j’accompagne depuis plus de 23 ans les doctorants dans la rédaction de leur thèse – plus de 10 000 à ce jour.
Mon approche : 100 % pratique, centrée sur l’action. Mes formations aident à structurer une pensée foisonnante et donnent une méthode pour rédiger plus vite, plus clair, plus fluide.
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