
Le time boxing est beaucoup plus qu’une simple méthode de gestion du temps. Bien appliqué, il devient une habitude mentale puissante pour éviter la procrastination et améliorer votre efficacité.
Vendredi soir, Gédéon était plein de bonnes intentions : ce week-end, je reste chez moi pour rédiger ma thèse.
Lundi matin, comme je lui demandais comment s’était passé son week-end, il me dit :
Bof… D’abord j’ai fait le ménage. Comme il faisait beau, j’ai aussi fait les vitres. Ensuite, je suis allé à la laverie porter mon linge. En rentrant, j’ai voulu essayer le fer à repasser que maman m’a offert. C’est vrai qu’un T-shirt repassé, ça fait plus classe ! Ensuite, je me suis fait à manger. J’étais tellement fatigué que j’ai voulu faire une sieste. Je me suis réveillé vers 17h, et je me sentais vaseux. Je n’arrivais pas à émerger. Alors, j’ai regardé un film. J’ai décidé de me coucher tôt pour me lever dimanche à 5h et rattraper le temps perdu.
Mais je n’arrivais pas à trouver le sommeil. Ce n’est que vers 3 h que je me suis endormi. Alors, quand le réveil a sonné, je l’ai éteint.
J’ai été réveillé par ma voisine vers 12h30 : j’avais complètement oublié que je devais garder ses enfants pendant qu’elle travaillerait. J’ai donc joué avec les enfants tout l’après-midi. Quand elle est rentrée, elle a tenu à ce que je dîne avec eux.
Quand je suis rentré chez moi, il était 21h passées. Trop tard pour commencer à travailler. Pfff ….
L’erreur de Gédéon : avoir été trop ambitieux sans pour autant se donner une structure :
je rédige ma thèse, c’est trop vague, trop ambitieux – je ne sais pas quand je vais terminer, et cet aspect d’in-fini fait peur : alors il se jette dans l’action pour ne pas commencer. Il ouvre sa porte à tous les chronophages.
ce week-end, c’est trop vague : il est impossible de rédiger tout le week-end. Structurer son temps en se fixant des créneaux horaires aurait beaucoup aidé notre homme.
Si vous aussi êtes sujet à la procrastination, testez le time boxing : au lieu de dire ce week-end, je vais rédiger ma thèse, ce qui est trop vague, trop ambitieux, trop irréaliste pour vous motiver, décidez par exemple : samedi, de 10h à 10h45, je vais écrire un morceau du chapitre X. A 10h, mettez-vous au travail.
Pendant ces 45 minutes, faites uniquement ce que vous avez décidé de faire : écrire. Pendant ces 45 minutes, interdisez-vous de regarder vos messages, de surfer, de lire, de vous faire un café ou de chercher de quoi grignoter dans la cuisine.
Une fois passées les 45 minutes, arrêtez-vous. Peut-être estimerez-vous en avoir fait assez pour le week-end, et vous pourrez profiter de votre temps pour recharger vos batteries sans culpabiliser.
Peut-être au contraire aurez-vous envie de continuer. Dans ce cas, lorsque le réveil sonnera la fin des 45 minutes, faites une pause, ne serait-ce qu’une minute, pour décider consciemment de continuer – décidez alors du temps que vous vous donnez, 45minutes, ou moins, et réglez votre réveil.
Il est crucial de prendre consciemment la décision d’ajouter un nouveau time box. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si pris dans un vent d’inspiration, vous ignorez le réveil qui sonne la fin des 45 minutes, vous aurez du mal à utiliser cette technique la prochaine fois : car le signal envoyé à votre cerveau sera que 45 minutes peuvent durer 3h voire une journée.
En choisissant délibérément quand commencer, arrêter ou continuer à travailler, vous évitez de vous laisser distraire ou de reporter (plus ou moins consciemment) votre travail.
En prenant vos décisions consciemment vous donne le sentiment de contrôler votre temps.
Faire une pause pour décider consciemment de prolonger – ou d’arrêter – une séance de travail entraîne votre cerveau à rester discipliné dans le cadre temporel défini.
Ainsi vous évitez un épuisement dû au surmenage. Et vous maintenez une productivité élevée.
Le respect systématique de vos time boxes apprend à votre cerveau que le travail concentré a des limites claires.
Ce faisant, l’anxiété liée aux tâches sans fin se voit réduite.
Et le sentiment que c’est vous qui contrôlez votre temps facilite le démarrage d’une séance de travail.
Le time boxing est beaucoup plus qu’un simple minutage.
Car le fait de prendre des décisions consciemment transforme le time boxing en une habitude mentale puissante contre la procrastination pour une efficacité améliorée.
Ceci dit, il faut faire attention au temps que vous vous fixez : il est conseillé de vous donner comme limite 45 minutes, car on estime qu’au-delà, la concentration diminue.
Mais si vous avez des tâches qui ne vous prendraient que 20 minutes, ou 10, ou 5, vous pouvez tout aussi bien appliquer le time boxing.
Ce qui est important pour que le time boxing fonctionne :
Décidez à l’avance ce que vous voulez faire (écrire, lire, faire du rangement ou autre)
Décidez du temps que vous vous donnez et régler votre alarme.
Faites exclusivement ce que vous avez décidé de faire – toute distraction est à proscrire.
Arrêtez-vous lorsque sonne l’alarme.
Attention : donnez-vous une tâche, mais pas un objectif : car si l’objectif n’est pas atteint (parce qu’il n’était pas adéquat, parce qu’il était trop ambitieux, par exemple), vous serez frustré, alors que vous aurez travaillé efficacement pendant un laps de temps donné!
S’il y a une chose que je détestais quand j’étais adolescente, c’était ranger ma chambre.
Parfois, ma mère, excédée, me disait un samedi matin: tu ne sors pas de ta chambre avant d’avoir tout rangé!
Alors le rangement commençait.
Très vite je tombais sur un livre ou une revue et je commençais à lire. Puis je me souvenais qu’il fallait ranger.
Je recommençais à ranger, jusqu’à ce que mes yeux tombent sur un autre livre.
Et à nouveau je me mettais à lire.
Ou bien je trouvais un dessin que j’avais laissé de côté et je me remettais à dessiner.
Et ainsi de suite.
Le « rangement » durait tout le week-end, interminable, ennuyeux, frustrant.
Et soudain, dimanche soir, sachant qu’il fallait montrer une chambre rangée, j’arrivais à me discipliner et finalement, l’ordre régnait.
J’ai gardé cette mauvaise habitude pendant très longtemps.
J’étais déjà en thèse lorsque j’ai découvert le time boxing.
J’ai décidé de le tester sur la tâche que je détestais le plus : ranger. Je me suis donné 45 minutes.
Et là… en 45 minutes mon bureau était rangé. Depuis j’applique le time boxing pour presque tout ce que je fais, et dans mes formations également.
Les doctorants qui se mettent à pratiquer le time boxing me disent tous la même chose : ils finissent leur travail en moins de temps, ont, par conséquent, plus de temps libre disponible et surtout, ils rentrent chez eux avec la satisfaction du devoir accompli.
Je me souviens notamment d’Adeline.
Elle est s’était inscrite à ma formation pour la raison suivante : l’an dernier ma collègue de bureau a suivi votre formation. Depuis, à 16h, elle dit : « j’ai fini pour aujourd’hui » et elle s’en va. Alors que moi je reste au bureau jusqu’à 20h, 22h, et je n’ai jamais l’impression d’avoir fini. Je veux la recette.
La recette, c’était … le time boxing!
Il est fondamental que vous preniez du temps pour recharger vos batteries, pour vous reposer sans entendre une petite voix intérieure qui vous dit : tu devrais être en train d’écrire! Tu devrais être au bureau!
Cette mauvaise conscience vous empêche de vous détendre, aiguise un sentiment de culpabilité qui n’est en rien utile – au contraire, il vous mine et vous stresse.
Réglez votre alarme, donnez-vous une tâche concrète et un temps limité, et commencez sans plus attendre!
Bon succès!